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Vacance du pouvoir : Sosie ou vrai Ali Bongo ?

Le 07 mars dernier, c’est le porte-parole de la présidence de la République qui a lui-même officialisé, en tentant de la nier au cours d’une conférence de presse, la rumeur selon laquelle le personnage présenté aux Gabonais depuis le mois de décembre ne serait pas Ali Bongo, mais un sosie qui joue le rôle de Boa. Des suspicions furent même portées sur Maître Louis Gaston Mayila qui a tout de suite nié.

Depuis décembre 2018, les Gabonais comparent et scrutent les images, les photos et autres gestes de celui ou ceux qu’ils pensent être le ou les sosie(s) d’Ali Bongo. A quelques pourcentages près, les proportions du visage correspondent malgré les différences de l’œil droit. Sauf que l’« Ali Bongo » qui est présenté depuis trois mois ne parle pas vraiment et  des différences notoires sont visibles (carrure, chevelure, gestuelle, etc.). Raison pour laquelle, sur les réseaux sociaux et dans les conversations, le tour de ville effectué à Louis, Charbonnages par cet « Ali Bongo Ondimba », le 26 février dernier, ne convainc pas grand monde, parce qu’il n’est pas descendu de sa voiture pour communier avec les gens, parler, faire des photos comme on le sait friand de com. L’air revanchard, sûr de son fait, Boa serait descendu pour narguer ceux qui annoncent sa mort ou appellent à la vacance du pouvoir qu’il usurpe depuis 2009.

En effet, on sait aujourd’hui que les technologies permettent de fabriquer un masque en 3D ainsi que la peau d’une personne vivante ou décédée et former des professionnels ayant des profils de ressemblance pour l’incarner ou se faire passer pour elle. Durant cette conférence de presse Ike Ngouoni avait cru convaincre en déclarant que « le président de la République était là en chair et en os. Il a fait le tour de la ville. (…) Beaucoup de personnes peuvent en attester ». D’abord, en tant que porte-parole et, notamment sur ce dossier, que valent réellement les allégations d’Ike Ngouoni ? Zéro, zéro et zéro. Pour la simple raison que lorsque les médias et les réseaux sociaux révélaient que Boa a fait un AVC, il avait dit tout juste le contraire en disant qu’il allait très bien, qu’il avait juste une « fatigue légère » et donc besoin de repos. Quelques semaines plus tard, il admettra finalement que Boa a eu des « saignements ».  Quel rapport entre « fatigue légère » et « saignements » ? La presse occidentale viendra à la charge pour informer qu’il aurait subi des opérations au cerveau et plusieurs examens en continu, pire, qu’il n’a plus les mêmes capacités motrices et de locution. C’est au retour de Rabat que le vice-président de la junte Pierre Claver Maganga Moussavou va révéler que Boa a effectivement fait un AVC et avait besoin d’une longue période pour se remettre.

Les sosies de Kim Jong Un et de Donald Trump  donnent-ils raisons aux Gabonais ?

Ce n’est pas à tort que l’opinion gabonaise est de plus en plus convaincue de cette hypothèse. Le 25 février 2019, alors que les yeux du monde entier étaient rivés vers Hanoï, la capitale du Vietnam pour le deuxième sommet historique entre le leader nord-coréen Jong Un et le président américain Donald Trump pour trouver une solution de paix entre les deux pays, deux individus leur ressemblant à l’identique, s’étaient improvisés dans les médias et le public. Tout de suite, la presse internationale et les autorités vietnamiennes avaient été alertées. Il avait fallu quelques heures avant que l’on ne se rende compte qu’il s’agissait en réalité de « faux » présidents coréen et américain.

Lors d’un point presse un certain Howard X, résident de Hong Kong, avait dénoncé comme biaisée la raison avancée par le régime communiste vietnamien à son expulsion : un visa non valide. « La vraie raison, c’est que je suis né avec la même tête que Kim Jong Un, c’est ça le vrai délit« , a-t-il déclaré devant la presse avant de monter à bord d’un véhicule, accompagné de trois Vietnamiens en uniforme. L’imitateur de Donald Trump, originaire du Canada, avait, quant à lui, été autorisé à rester, mais sans apparitions publiques en tant que Donald Trump, le visage exagérément bronzé et les cheveux gominés. D’autres chefs d’Etat et personnalités politiques ont eu aussi des sosies (François Hollande, Barack Obama, Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Hillary Clinton, etc.). Bien souvent des artistes. Mais il y a eu de vrais sosies de chefs d’Etat qui ont géré ou gouverné des laps de temps à leur place. Les plus connus à ce jour sont ceux de Saddam Hussein (Irak), chassé du pouvoir en avril 2003. Ces sosies tenaient des audiences, effectuaient des visites sur le terrain, parlaient en public lorsque Saddam Hussein estimait que telle cérémonie comportait des risques très élevés pour sa sécurité (voir l’article du confrère Libération du 25 mars 2013 : qui sont ces sosies de Saddam ?).

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