La polémique autour des produits de la Société des Brasseries du Gabon (SOBRAGA) prend une nouvelle dimension. Alors que l’entreprise a récemment publié un communiqué visant à rassurer les consommateurs sur la qualité et la conformité de ses boissons, les interrogations persistent et les appels à davantage de transparence se multiplient.
À l’origine de cette controverse figure le témoignage de Marcelle Eyang Noutchet, entrepreneure gabonaise installée en France. Dans une émission diffusée par Gabon Media Time, elle affirme que plusieurs boissons de la SOBRAGA destinées au marché européen auraient été déclarées « non conformes » par les autorités de contrôle françaises. Selon ses déclarations, les analyses auraient révélé des teneurs excessives en certains acides et conservateurs, entraînant le blocage puis la destruction ou le retour des marchandises.
Ces révélations ont suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux et ravivé les inquiétudes sur la sécurité sanitaire des produits commercialisés au Gabon. C’est dans ce contexte que l’analyste gabonais Loïc Renamy a réagi, estimant que les assurances fournies par l’entreprise ne suffisent pas à dissiper les doutes.
Pour lui, la confiance du public ne peut reposer sur de simples déclarations. Il reproche notamment à la SOBRAGA de ne pas avoir publié les rapports d’analyses indépendantes évoqués dans sa communication et de ne pas avoir associé clairement l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA) aux démarches de contrôle. « La confiance ne se décrète pas, elle se prouve », martèle-t-il.
L’analyste insiste également sur la nécessité d’éclaircir la question des boissons énergisantes, notamment la gamme Booster, dont la composition et les effets potentiels sur certaines catégories de consommateurs mériteraient, selon lui, une communication plus détaillée.
Pour sortir de la crise, Loïc Renamy propose plusieurs mesures concrètes : publication des rapports d’analyses, contrôles inopinés en présence des autorités sanitaires, audits publics des sites de production et mise en place d’un comité de veille associant entreprise, autorités et société civile.
En attendant d’éventuelles clarifications de la SOBRAGA et des autorités compétentes, cette affaire souligne l’importance croissante de la transparence et du contrôle indépendant dans la protection de la santé des consommateurs gabonais.
Par R.Filbrice



