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Gabon-Turquie : BOA, pose un acte de « Haute trahison »

Pour de l’argent, Boa vient de tronquer la souveraineté nationale. En effet, l’extradition des ressortissants turcs le 10 avril 2018 vers leur pays d’origine a coïncidé, loin d’un hasard, avec l’audience accordée le même jour au patron du groupe turc Gurbag par le vice-président de la République gabonaise, Pierre-Claver Maganga Moussavou. Ce groupe a été chargé, sans appel d’offres, de la construction du nouvel aéroport  de Libreville à Andem.

 

Alors que la junte masquait que cette opération n’avait aucun lien avec la purge des opposants en Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a félicité les autorités gabonaises dans la foulée pour cette extradition qui, selon lui, est « le signe de bonnes relations qui existent entre les deux pays ». Et pan ! Voilà le bec émergent cloué !

Ce que Boa vient de poser comme acte est qualifié par la Constitution gabonaise (article 78) de « haute trahison ». On entend par là un crime qui consiste en une extrême déloyauté à l’égard de son pays, de son chef d’État, de son gouvernement ou de ses institutions. Ce crime est souvent associé avec celui d’intelligence avec l’ennemi. Il s’agit souvent d’une infraction politique qui concerne les détenteurs d’une autorité politique dans l’exercice de leurs fonctions. En l’occurrence, Boa montre à la Turquie que pour quelques centaines de milliards (le prix actuel du Gabon à ses yeux), on peut acheter le Gabon en lui faisant faire ce qu’une autre puissance étrangère comme elle décide alors qu’elle ne peut cependant pas elle-même l’accepter sur son propre territoire national. Pourquoi, par honneur, la Belgique refuse-t-elle d’extrader le sépararitiste espagnol Carlos Puigdemont vers l’Espagne comme le demande Madrid à Bruxelles ? C’est au nom de la souveraineté nationale.

Mais voilà comment Boa, le président tricheur-affairiste-commençant, a trouvé une bonne occasion de marchander la souveraineté du Gabon dans une situation humanitaire où le droit prévoit des procédures d’accusation et d’extradition claires si un tel accord ratifié par les deux Parlements existait d’abord entre la Turquie et le Gabon. Ce qui est peu sûr.

De plus, Boa montre clairement que son régime n’est pas un régime de protection démocratique et de protection des droits de l’Homme. Pour quelques milliards, un Etat tiers a le droit de venir assassiner, enlever ou faire extrader qui il veut au Gabon. Les étrangers et exilés politiques sont donc en danger au Gabon. D’ailleurs, par le passé, des réfugiés politiques (équato-guinéens et autres) ont souvent été assassinés ou rapatriés comme tels au temps de Bongo père.

Son fils, allié d’autres autocraties comme leur régime familial au Gabon, dirige donc un Etat mafieux et corrompu que l’on achète au prix du client. Dans un pays sérieux, le Parlement aurait ouvert une enquête pour auditionner les ministres de l’Intérieur, de la Défense ainsi que l’avocat des citoyens turcs concernés, l’ambassadeur de la Turquie au Gabon et celui du Gabon en Turquie, le vice-président de la République qui a reçu le groupe turc bénéficiaire du marché de la construction du nouvel aéroport sans appel d’offres au moment des faits et ouvrir une enquête contre le président de la République établi par défaut pour « haute trahison ». Tôt au tard, ces dossiers sortiront et seront jugés correctement.

 

Eric M.

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