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Maganga Moussavou mano a mano avec Jean Ping : Le « nouveau » retour dans l’opposition ?

Le samedi 24 août 2019, Pierre Claver Maganga Moussavou, l’ex vice-président de BOA, tombé comme un Kevazingo en juin dernier par décret, a reçu la visite « incroyable », il y a quelques jours encore, du Président élu Jean Ping. Cette visite, dont officiellement rien n’a filtré, vise-t-elle à préparer l’opinion à un « nouveau » retour de PMM au sein de l’opposition radicale, deux mois après son limogeage par BOA ?

Un « traitre » qui s’amende ?

 C’est ainsi qu’il fut qualifié par les soutiens de Jean Ping lorsqu’il fit son retour au sein du régime en qualité de Vice-président, suite à sa participation au dialogue du sang d’Angondjé en 2017. Avec, des anciens soutiens de Ping à l’image de René Ndemezo’Obiang, Estelle Ondo et plus tard, Michel Menga, Moukagni Iwangou, Franck Nguema…

En effet, il fut l’un des premiers acteurs politiques, la nuit du 31 août 2019, à reconnaitre la victoire de Jean Ping à la présidentielle de 2016. Quelques semaines plus tard, il retournera sa veste pour faire finalement allégeance à Ali Bongo Ondimba. La suite on la connait : participation au « monologue » politique d’Angondjé (avril 2017), nomination de son rejeton Biendi comme ministre au sein du gouvernement, et lui-même comme vice-président de la République en août 2017. Se suivra une longue idylle avec le régime PDG-Bongo entre missions et voyages politiques, nominations de ses proches et dolce vita (salaires et avantages du pouvoir). Puis arrivera l’épisode de l’AVC de BOA le 24 octobre 2018. C’est lui que les émergents vont « utiliser », le faisant croire qu’il était important à leurs yeux. Après un réaménagement express de l’article 16 de la Constitution pour éviter la déclaration de la vacance du pouvoir, c’est à lui que Marie Madeleine Mborantsuo, présidente à vie de la tour de Pise (Cour constitutionnelle), donne le feu vert, le 14 novembre 2018, de convoquer et présider un Conseil des ministres. Le premier (et l’unique ?) de sa vie à ce jour. Ce sera lui aussi que cette dernière amènera à Rabat au Maroc rencontrer ABO. De son retour, il déclarera qu’il faut laisser à Ali Bongo Ondimba tout le temps nécessaire (et donc indéfini) de récupérer sa santé. Exit les considérations constitutionnelles et démocratiques sur la vacance du pouvoir. A Franceville, au cours d’une visite officielle, le 10 décembre 2018, il déclara officiellement que BOA a fait un AVC. Une information que les nouveaux maitres du Palais n’ont jamais voulu qu’elle soit divulguée. La suite, on la connait aussi : il est débarqué sans ménagement de la vice-présidence comme un malpropre (sans être avisé ou sans explication avec ABO) en juin dans le feu du Kevazingo gate. Un limogeage organisé comme pour humilier ce natif de Mouila. Quelques jours après, il tiendra une conférence de presse à son domicile pour « régler » ses comptes à ceux qui l’avaient démarqué pour se venger de lui. Il pointe un doigt accusateur vers Laccruche Alihanga.

Muré dans une position radicale depuis la dernière élection présidentielle en août 2016 et réclamant jusqu’aujourd’hui la victoire, Jean Ping n’a pas vraisemblablement pas rendu une visite par pure amitié ou banalité sociale au couple des Maganga Moussavou, qui n’a pas boudé son plaisir de recevoir à domicile, cet illustre visiteur à qui ils ont offert joyeusement l’hospitalité le temps d’une discussion.

Si pour certains se serait pour faciliter le soutien du PSD au candidat Serge Maurice Mabiala du RPM (Ex RHM) à Mouila, pour les observateurs avertis, il s’agit bien plus de cela. D’abord parce que Jean Ping a une position claire sur cette question de participation aux législatives et locales d’octobre 2018 et ensuite, il n’est pas la personne la plus indiquée pour faire ces démarches, mais bien le président du RPM Alexandre Barro Chambrier. C’est dire que les vraies raisons sont ailleurs.

Un possible allié de circonstance…

 Jean Ping n’est pas dupe non plus. Les aller et retour de l’ancien gendarme du Haut conseil de la résistance (HCR) dans les années 94, PCMM sont connus de tous au gré des intérêts de sa « PME politique et  familiale », le PSD. Hier aux affaires, il n’accordait plus de crédibilité à l’opposition. Mais de l’autre côté. A-t-il un apport aujourd’hui, au-delà de tout à donner à l’opposition ? Dans la perspective de la déclaration d’une vacance de pouvoir éventuelle, entre fin 2019 et début 2020, PCMM peut-il jouer une petite partition à Mouila ? Ses déclarations, comme celle du 22 mai 2019 après son limogeage, pourront permettre à une certaine opinion de se faire une idée concrète et plus réelle de la manière dont le pouvoir fonctionne depuis l’AVC de BOA…Affaire à suivre.

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