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Yvan Cédric Nze recadre Lee White

Originaire du Moyen-Ogooué, Yvan Cédric Nze (ingénieur en sûreté nucléaire) a été, comme de nombreux ressortissants du Moyen-Ogooué, ému par la déclaration du ministre britannique des Eaux & Forêts du Gabon qui, dans l’euphorie des fêtes, a répondu à une consœur de PDG 24, pardon Gabon 24, qu’« …en général, les maladies de poisson ne sont pas dangereuses pour l’Homme». Nous publions in extenso sa riposte.

Monsieur le ministre,
Comme beaucoup de Gabonais, j’ai pu vous suivre sur les antennes de Gabon 24. Au-delà de vous avoir entendu annoncer que la forêt gabonaise générera, à l’orée de l’année 2025, annuellement l’équivalent de notre budget actuel, j’avoue que j’aurais aimé que vous nous expliquiez par quel mécanisme. N’étant ni député ni sénateur, je suppose que je ne peux pas faire cette demande et exiger vos explications. Je laisse des personnes autorisées s’en charger.
Ce qui est vital pour moi, c’est que vous avez déclaré avec un aplomb et un argument d’autorité, parlant du problème qui a conduit à l’interdiction de la consommation et la vente de la carpe : « C’est une maladie du poisson. En général, je suis biologiste, les maladies du poisson ne sont pas dangereuses pour l’Homme ». Cette phrase, dite par un professeur de biologie, a fait l’effet d’une bonne nouvelle pour le Gabonais et en particulier pour le Migovéen que je suis. Enthousiaste, j’en ai rapidement parlé autour de moi. Grande a été ma surprise d’être repris par un aîné, lui chercheur en Allemagne, le Dr Franck Ditengou, dont vous pourrez trouver le parcours scolaire et universitaire sur toutes les plate-formes autorisées sur Internet, qui s’est interrogé, je cite « Dois-je citer le nombre de bactéries ou de vers infectant les poissons et dont les maladies se transmettent à l’Homme ? Cette déclaration est prématurée et donc extrêmement dangereuse tant que la lumière n’a pas été faite sur le mal qui touche les carpes au Gabon ». Je vous avoue que ces questions ont stoppé net mon enthousiasme. Je me suis donc demandé sur quoi s’appuyait votre déclaration.
Je vous le demande avec le plus grand respect : pouvez-vous publier l’étude qui vous a permis de conclure que les poissons morts souffraient d’une maladie de poisson avec les adresses et les méthodes opératoires utilisées afin que les inquiétudes disparaissent chez les Gabonais ?
Autre question : pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas levé l’interdiction de consommer et de vendre la carpe ? Vous ne le savez peut-être pas, cette interdiction pénalise grandement de nombreuses familles dont les revenus ont lourdement baissé, car vivant de pêche. Vous ne le savez peut-être pas, mais beaucoup de Migovéens comptent sur la pêche pour préparer la rentrée scolaire qui pointe à l’horizon. L’économie et le bien-être des Gabonais étant votre priorité, nous vous prions de lever l’interdiction.
Votre déclaration a été captée par de nombreux compatriotes et elle sera ressortie au besoin. Vous n’êtes pas obligé de répondre à mes interrogations, mais sachez que quelle que soit la suite de cette histoire de poissons morts, votre nom restera associé à cette histoire, car, vous le savez peut-être, chez nous, les Gabonais, toute parole est testamentaire. Le tribunal de l’Histoire vous mettra à votre place (coupable, complice ou héros).
PS : je n’ai pas réussi à trouver comment le titre de professeur vous a été attribué sur Internet, mais c’est affiché sur votre compte twitter

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